Axe gonadotrope mâle

Production d’hormones par les testicules

Les testicules se forment chez le fœtus près des reins et devront parcourir tout un chemin avant la naissance pour arriver finalement dans les bourses (scrotum). Si cela ne se fait pas complètement, on parle de « cryptorchidie » (testicule non descendu). Cela se produit le plus fréquemment d’un côté mais parfois les 2 testicules ne descendent pas dans les bourses. Dans ce cas, le plus souvent, le(s) testicule(s) restent dans le canal inguinal mais parfois ils restent plus haut dans l’abdomen. Les testicules qui ne se trouvent pas dans les bourses après la naissance, ne se développent pas de manière optimale et peuvent produire moins ou pas de spermatozoïdes du tout après la naissance. Pour conserver la fertilité, il est important que les testicules soient amenés dans les bourses de préférence avant l’âge de 6 mois-1 an. Les testicules qui restent dans l’abdomen doivent certainement être explorés chirurgicalement parce qu’il y a un (petit) risque qu’une tumeur maligne apparaisse.

Les testicules se composent principalement de tubes séminifères qui assurent la formation des spermatozoïdes. Entre les tubes séminifères, se trouvent les cellules de Leydig, qui sont responsables de la production d’hormones masculines : la testostérone.

La testostérone est une hormone stéroïdienne qui est produite, via différentes étapes intermédiaires, à partir du cholestérol. Elle est transportée dans le sang par 2 protéines ; la SHBG (Sex Homone Binding Globuline) et l’albumine. Seuls quelques pourcents de la testostérone circulent librement. La production de testostérone suit un rythme circadien avec des concentrations sanguines qui sont les plus élevées le matin et les plus basses dans l’après-midi. Il est donc important de noter l’heure du prélèvement sanguin lorsque l’on mesure la testostérone.

Dans la plupart des tissus, la testostérone doit d’abord être convertie en dihydrotestostérone (DHT) pour être active. Ceci se fait au moyen d’une enzyme : « la 5 alpha réductase ». Pour d’autres effets, la testostérone doit d’abord être convertie en hormone féminine (!) par l’enzyme « aromatase ». Les hommes et les femmes ont donc tous les deux des hormones « masculines » et « féminines ».

La testostérone a, directement ou après conversion, un effet sur de nombreux tissus différents dans le corps et a un rôle crucial pour la reproduction.

Les effets biologiques de la testostérone

Après conversion en dihydrotestostérone Croissance de la prostate, du pénis, du scrotum
Croissance des poils sur le visage, le haut du dos et la poitrine
Stimulation des glandes sébacées de la peau
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Après conversion en oestradiol Fermeture des cartilages de croissance
Formation de l’os
Effets sur les graisses dans le sang
Artériosclérose
Effets sur le cerveau?
Stimulation de la production d’hormone de croissance
Diminution de la production de LH et FSH
Formation des spermatozoïdes ?
….
Sans conversion? Développement des muscles
Freination du développement des cellules adipeuses
Comportement sexuel
….

La production de testostérone par les cellules de Leydig est stimulée par une hormone de l’hypophyse : l’hormone lutéinisante (LH). Lorsqu’il y a trop peu de testostérone dans le sang, la LH augmente. S’il y a trop de testostérone dans le sang, la LH est inhibée (rétrocontrôle négatif). La production de LH est elle-même sous le contrôle d’une hormone de l’hypothalamus : la LHRH qui est elle-même contrôlée par l’état nutritionnel et le niveau de stress d’une personne via différentes (neuro-)hormones (leptine, kisspeptine, neuropeptide Y…). On peut en effet comprendre que la reproduction n’est pas une priorité lorsque les conditions de vie (notamment la nourriture) sont insuffisantes.

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La production d’hormones masculines est importante avant la naissance et pendant les 6 premiers mois de vie (c’est ce qu’on appelle parfois la mini-puberté).  Par la suite la production est pratiquement arrêtée jusqu’à ce que la puberté débute.

 

 

 

Dans les testicules, les tubes séminifères assurent la production des spermatozoïdes. La testostérone, la LH et une autre hormone de l’hypophyse appelée l’hormone folliculo-stimulante (FSH) sont nécessaires à ce processus. Un composant clé des tubes séminifères sont les cellules de Sertoli. Elles s’occupent notamment de « nourrir » les spermatozoïdes en cours de maturation. Les cellules de Sertoli produisent, entre autres, l’hormone inhibine B qui a un rôle freinateur sur la production de la FSH (voir schéma). Si les tubes séminifères sont endommagés (par exemple par des médications contre le cancer), la concentration en inhibine B dans le sang sera basse, ce qui réduit le frein sur la production de FSH et entraîne une augmentation de FSH dans le sang.

On peut donc obtenir beaucoup de renseignements sur l’état des testicules en mesurant la LH, la FSH, la testostérone et l’inhibine B dans le sang.