Le développement des organes génitaux.

Un système complexe en plusieurs étapes

Le développement des organes génitaux internes et externes est un système complexe qui se déroule par étapes. Il est influencé par les chromosomes, les gènes et les hormones.

La première étape importante est la présence ou l’absence d’un chromosome Y. Les garçons ont généralement un chromosome X et un chromosome Y alors que les filles ont généralement 2 chromosomes X. Les chromosomes sont hérités du spermatozoïde du père et de l’ovule de la mère.

Au cours des 6 premières semaines après la conception, il n’y a pas de différence visible entre les embryons masculins et féminins. Les glandes sexuelles ou gonades indifférenciées internes peuvent se développer aussi bien en testicules qu’en ovaires. Les organes génitaux externes sont également semblables dans les 2 sexes. Ils se composent d’un petit bourgeon sous lequel il y a une petite ouverture.

Entre la 6ème  et la 8ème semaine de gestation, les organes sexuels vont se développer différemment chez le fœtus masculin et féminin.

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Développement des organes de reproduction masculins

Sur le chromosome Y il y a un gène « SRY » qui fait en sorte que la gonade primitive se développe en testicule. Lorsque ce gène est absent, ce développement n’a pas lieu ou est interrompu. Le gène SRY sur le chromosome Y active toute une série d’autres gènes suivant une sorte de « domino cascade”. Le plus important d’entre eux est le « SOX 9 ». Ce gène provoque l’apparition dans la gonade indifférenciée d’un type de cellules que l’on ne rencontre que dans le testicule : « les cellules de Sertoli ». Ces cellules vont libérer toute une série d’hormones et de substances qui vont assurer que 4 processus importants se produisent :

  1. Formation de toutes les structures du testicule tels que les tubes séminifères
  2. Disparition chez un fœtus masculin des précurseurs des trompes et de l’utérus (« les canaux de Müller ») grâce à l’action de l’AMH produite par les cellules de Sertoli(=Anti Mullerian Hormone)
  3. Les « canaux de Wolff » vont se transformer en epididimes, canaux déférents.
  4. Développement des cellules qui produisent les hormones masculines (les cellules de Leydig).

 

 

L’hormone masculine, la testostérone et son dérivé, la dihydrotestostérone, assurent que le tubercule génital se développe en pénis. Pendant ce processus, une partie de la peau est enroulée en un tube qui va former l’urètre. Ce tube est formé de bas en haut de sorte que l’ouverture débouche à l’extrémité du pénis. Si ce processus se fait de manière incomplète, l’ouverture de l’urètre se situe à mi-chemin ou même en dessous du pénis, et entraîne une malformation que l’on appelle « hypospadias ».

Les 2 plis génitaux vont se développer sous l’influence de la testostérone et fusionner sur la ligne médiane pour former les bourses (scrotum). Plus tard, les testicules vont descendre dans les bourses.

Développement des organes génitaux féminins

Lorsque 2 chromosomes X sont présents et que tous les gènes nécessaires au développement des ovaires travaillent correctement, la gonade primitive va se développer en ovaire. Ce ne sont pas des cellules de Sertoli mais des cellules de la granulosa qui vont apparaître.  Ces cellules vont produire des substances  qui vont permettre aux ovocytes de se développer.  A cause de l’absence de l4AMH, les canaux de Müller peuvent  se développer en ovaires et utérus. Les ovaires ne produisent pas d’hormones masculines de sorte que les précurseurs des canaux déférents et de la prostate, que l’on appelle les « canaux de Wolff » vont disparaître.

Les organes génitaux externes changent relativement peu suite à l’absence d’hormone masculine. Le bourgeon génital ne se développe que peu et forme le clitoris. Les plis génitaux forment les lèvres (voir dessin).